Skip the Use: album + concert

Si vous cherchez un groupe de rock’n roll aux sonorités électro voire groovy qui a de l’énergie à revendre et qui vous donnera une pêche d’enfer, le voici: Skip the Use, petit groupe dynamique montant venu du nord de la France qui poursuit son chemin depuis 2008 et qui vient de sortir son dernier album, Can Be Late.

Can Be Late des Skip the Use

Si je vous en parle maintenant, c’est parce qu’hier j’étais avec eux au Bataclan, ce qui va me permettre de faire à la fois la critique de leur album et la critique de leur concert.

L’album serait à mes yeux un bon mélange de rock et d’électro, d’un peu de funk (je pense  à une basse très présente qui confère à chaque chanson ce petit quelque chose) et d’autres sonorités qui en font un album assez hétérogène. Allons au but, ce qui fait la force de Skip the Use, c’est la facilité qu’ils ont à produire des chansons qui accrochent et donnent envie de bouger quoiqu’il arrive tout en n’étant pas trop répétitif, malgré quelques ressemblances surtout au niveau de la gratte. Mais bon, le but, c’est bien de se remuer, et ça marche ! Paradoxalement, l’identité musicale du groupe est là grâce au son particulier de la guitare, qu’on reconnaît tout de suite (c’est assez frappant en live).

Le meilleur exemple en est People in the Shadow, leur chanson désormais phare, qui annonce tout de suite la couleur: ça bouge, c’est énergique, et en plus ça nous parle; ou encore Ghost, Antislavery, PILthe Face et bien d’autres qui constituent à elles seules une sorte de best-of représentatif de ce que fait le groupe. Dans tous les cas, elles accrochent et restent dans la tête bien après leur écoute (I want to knoooow …!).

Jugez plutôt avec leur performance scénique lors des Victoires de la musique:

En règle générale donc, l’album est bon, hormis une piste, Fallin, que je trouve bien en deça du reste, banale et simpliste qui ressemblerait presque à du Sum41 (comme ça c’est dit).

Pour ce qui est du concert en lui-même: explosif !

Matt Bastard, le chanteur, exceptionnel et blindé d’énergie, chauffe la salle comme personne, au point que tout le monde danse, même les plus réfractaires (moi la première). Et pour cause: c’est une vraie pile électrique ! Il fait aussi participer le public en l’invitant à se déplacer d’un bout à l’autre de la salle, puis on s’assied, on se relève en sautant partout, on danse, on chante… Bref, c’est un peu la folie et la bonne ambiance dans la salle, et j’insiste vraiment sur l’énergie hallucinante de Matt qui donne vraiment tout ce qu’il a.

C’est bien ce qui fait la qualité du groupe d’ailleurs: après tout, certains se contentent simplement de reprendre intégralement un album studio sans y apporter la moindre particularité. Et quel est l’intérêt d’aller voir un groupe en concert si c’est juste pour entendre un album studio qu’on connaît déjà par coeur ? Là, on a véritablement l’impression de connaître une nouvelle facette du groupe qu’on ne peut découvrir que pendant le concert.

En clair, Skip the Use apporte des modifications à leur création musicale et une présence scénique intrinsèque  qui fait de leurs concerts des moments uniques à ne surtout pas manquer.

Encore une pour finir:

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Batman: Arkham City

Histoire de changer un peu de registre, et parce que c’est le dernier jeu en date que j’ai terminé, je vais parler cette fois de Batman Arkham City, sorti en fin d’année. Je précise avant toute chose que je n’ai pas encore fait le premier opus, Arkham Asylum (ce qui est dommage dans la mesure où j’aurais pu les comparer, mais tant pis).

Batman et Catwoman

L’histoire prend place après les événements survenus après Arkham Asylum, qui ont définitivement révélé à quel point la politique carcérale de la ville avait besoin d’un renouveau. Cette lourde tâche a donc été assignée à un certain Hugo Strange, bizarrement associé au maire fraîchement élu de Gotham City. C’est ainsi que nous nous retrouvons dans une cité-prison rappelant sans détour New York 1997 de John Carpenter, tandis qu’une rumeur se répand: le Joker serait malade, voire proche de la mort.

C’est là qu’on se dit: punaise, jouer dans une ville aussi immense et bourrée de détenus complètement siphonnés en étant dans la peau d’un justicier volant armé de gadgets, ça va claquer.

Et effectivement, c’est le cas ! Quoi de plus jouissif que de planer la nuit au dessus de Gotham City parfaitement reproduite ?

Graphismes et parti-pris artistique au top

La ville est démesurément grande et détaillée: pour quiconque a lu quelques comics de Batman, le rêve est réalisé. On peut désormais, grâce au grappin, atteindre les hauteurs les plus inaccessibles. Architecturalement, les immeubles rappellent les années 50 voire antérieur de façon craspec: les néons délabrés qui pendent de-ci de-là, les faibles lumières émanant des immeubles, les enseignes délavées et vieillies donnent cette impression de ville à l’abandon. L’atmosphère est parfaite: angoissante, oppressante, elle rappelle toujours que nous sommes bien dans une prison ouverte et non dans une cité qui n’est aujourd’hui plus que l’ombre de ce qu’elle a été. Sur ce point, Gotham a même été jusqu’à me faire penser à Rapture de Bioshock, avec ses cinémas et théâtres miteux émergeant d’un passé oublié. D’ailleurs, il est possible pour les lecteurs de se rappeler de ce qu’ils ont lu, puisque par exemple la scène du crime dont les parents de Bruce ont été victimes est représentée; en outre, il est possible de s’y rendre en passant par Crime Alley. Bref, l’univers Batman est fidèlement reproduit, pour le grand bonheur des fans, grâce à sa direction artistique remarquable.

Concernant les personnages présents, cela m’a fait le même effet que lorsque j’ai lu Batman Silence, c’est à dire qu’ils sont assez nombreux: Bane, Poison Ivy, le Joker, Harley Quinn, le Pingouin, Catwoman, Dead Shot, Gueule d’argile, Two-Faces, … Je ne les cite pas tous, mais force est de constater que les créateurs ont mis le paquet.

La belle Catwoman

  • Gameplay

Côté gameplay, les combats sont extrêmement fluides: il suffira d’appuyer plusieurs fois sur un ou plusieurs boutons pour déclencher quelques combos destructeurs mais, toutefois, plus on avance dans le jeu, plus les enchainements deviennent variés et moins évidents à réaliser, sans poser trop de difficultés pour autant. Les enchaînements et autres attaques seront débloqués en gagnant de l’xp, vous laissant ensuite le choix de ce que vous préférerez upgrader. Les commandes sont nombreuses pour ce qui est d’incarner directement Batman: une pression de la gâchette pour planer et fondre sur les ennemis, une touche pour l’étourdir grâce à sa cape et pour ensuite effectuer un combo qui finira peut-être par déclencher un joli finish en cut-scene.
On peut aussi disséminer ça et là quelques gadgets explosifs pour surprendre les ennemis, utiliser la bat-griffe en plein combat etc. A ce sujet, je n’ai jamais réellement réussi à utiliser en combat les gadgets mis à notre disposition, trop de boutons ! Autre point noir: la gestion de la caméra: lorsqu’on se bat, cela peut vite devenir problématique de ne pas réussir à « viser » correctement le bon ennemi et on se laisse vite encercler.

Certains moments du jeu se feront en infiltration: vous devrez alors discrètement vous placer sur une gargouille, bien observer l’ennemi et par exemple lui fondre dessus puis le neutraliser silencieusement. Ou alors, on peut choisir de s’infiltrer en profitant des trappes au sol et surgir derrière l’ennemi.

J’oubliais: si vous achetez le jeu neuf et non d’occasion, vous pourrez bénéficier du DLC Catwoman qui vous permettra de l’incarner. C’est peut-être parce que je suis une fille, mais je l’ai trouvée plus fluide encore que Batman lors des combats (et quels enchainements gracieux !). Les deux personnages sont réellement différents: si Catwoman ne peut pas voler, comme Batman, elle se sert en revanche de son fouet pour saisir un lampadaire et si accrocher prestement.
Les boss sont assez impressionnant la plupart du temps, dans tous les sens du terme: certains sont particulièrement imposants, comme les sbires du Joker armés d’un énorme marteau, ou encore un certain personnage « né un lundi ».

Batman casse des gueules

  • La durée de vie

Cette dernière est raisonnable: si le scénario principal se termine en à peu près 10h grand max, le reste devrait l’allonger considérablement. En outre, les énigmes de Nigma, qui sont au nombre de 400, devraient vous occuper assez longtemps; si comme moi vous préférez explorer chaque mètre carré de Gotham, on arrive facilement à plus de 40h de jeu. De plus, il y a la possibilité de faire des quêtes annexes avec Bane, Dead Shot, ZsasZ et autres ainsi que de répondre à l’appel des défis, comme détruire un certain nombre d’objets, faire tel enchainement à tel moment d’un combat, réussir des épreuves en planant, …

Only youuu … !

  • Le scénario

Assez conventionnel, mais qui peut être surprenant à certains égards (la fin !), il est bien mené et comporte son lot de petits rebondissements qui ne manqueront pas de plaire aux fans; quant aux nouveaux venus dans l’univers de Batman, je dirais que le jeu serait dans ce cas une très bonne introduction dans le sens où l’histoire rappelle fortement certains comics, tels que l’immanquable A Long Halloween. Très correct, le scénario nous entraîne donc dans une histoire de Batman divertissante et prenante tout en alternant avec les mésaventures de Catwoman.

Pour conclure:

  • Une direction artistique léchée
  • Une sensation de liberté grisante
  • Une prise en main facile
  • Des combats fluides
  • Graphismes impeccables (d’où la pub de Nvidia)
  • Un panel de personnages variés

et d’un autre côté:

  • Combats parfois fouillis à cause de la caméra, pas toujours parfaite
  • Des gadgets un peu inutiles
  • Le DLC Catwoman, qui oblige les joueurs à acheter neuf et non d’occasion, sans que celui-ci soit exceptionnel.

Catwoman et Two-Faces