The Amazing Spider-Man: un souffle nouveau ?

Enfin, …c’est vite dit. Le réalisateur Mark Webb décide de revoir le héros tisseur de toiles, en la personne de Andrew Garfield, et pour ma part, n’ayant pas été charmée par les opus de Sam Raimi, ça passe très bien, même s’il faut avouer que le film est objectivement loin d’être bon: il accumule les clichés, choisit des procédés faciles, est blindé d’incohérences, et surtout, oh oui surtout, il jouit d’une surenchère de pathos à gerber. MAIS, comme je l’ai apprécié malgré ces défauts, ce qui semble étrange, tentons de justifier un peu. Attention, spoilers inside !

Premièrement, et je l’ai déjà dit, les Spider-Man de Sam Raimi avaient été une purge. La simple vue de Tobey Maguire me révulse et son obsession de Mary-Jane m’ennuie. J’avais été très déçue de constater que Spider-Man n’utilisait, en combat, que ses talents d’acrobate, alors que bordel, il aurait pu se servir de ses toiles … En outre, le seul intérêt du film à mon sens ne réside que dans les scènes aériennes où Spider-Man se balance de toile en toile, mais bon, au bout de trois épisodes, on a fait le tour.

The Amazing Spider-Man ne révolutionne pas le genre de l’initiation du super-héros qui découvre ses pouvoirs, non, jamais. Cependant, il y a quelques bonnes idées qui font la différence avec Raimi. A commencer par une meilleure mise en place des origines de celui qui deviendra l’homme-araignée, même si, soyons sérieux, le fait qu’un jeune ado arrive à s’infiltrer dans un complexe scientifique ultra-sur-protégé me laisse désespérée par les techniques de narration du scénariste (s’il y en a un). Le scénario, justement, est véritablement téléphoné, ce qui est fort regrettable, mais on me dit souvent que « ils ne peuvent pas faire autrement, au cinéma! » Ah. Bon. On va faire avec, alors.

Bref, notre héros découvre donc ses origines: il est le fils d’un grand scientifique qui aurait théorisé et testé le transfert de gènes animaux. Pas besoin d’être une lumière pour écrire le reste du scénar. Encore une fois, on nous refait le coup de la science toute-puissante qui constitue une réponse à tout, mais tant pis. Parker se fait donc piquer par une araignée spéciale, fruit des tests de son père, qui lui octroie d’étonnants pouvoirs, à peu de choses près comme dans le comic. Dommage que ce début soit raté, si mal amené, car j’avoue que pendant la première partie du film, le rythme est lent et déséquilibré. Ceci dit, au moins, les premières scènes du film amènent une nouveauté inexistante du comic. On a droit à un Spidey bien plus humain que dans ceux de Sam Raimi, avec ses faiblesses, un passé difficile (même si topos déjà connu) et un trauma qui, lui, est le même que dans le comic. Une superbe incohérence à noter quand même: Parker cherche l’assassin d’oncle Ben, mais soudainement, comme par magie, il l’oublie. Zut.

D’autre part, Parker tente de dompter ses pouvoirs, ce qui lui vaut de revenir chez tante Mé bardé de coquards et autres belles marques: enfin ! Enfin, on ne devient pas un super-héros du jour au lendemain ! L’entraînement est difficile et le passage de l’humain au héros est plutôt bien représenté: un point de plus pour Marc Webber. De même, la conception du costume de Spider Man ne se fait pas en deux temps trois mouvements et nécessite quelques échecs pour finalement parvenir à ZE costume. Chez Raimi, rappelons qu’aucune explication n’était fournie.

Une magnifique combi, et pensée, en plus !

On reste dans la lignée du comic également côté choix de la dulcinée, Gwen Stacy, le premier véritable amour de Peter Parker, qui permet d’osciller entre fidélité au comic et nouveauté par rapport aux origines de Spider-Man.

Les scènes d’action m’ont retournée, mais je crois l’avoir déjà souligné: bien filmées, elles sont dynamiques et montrent que Sam Raimi n’est pas insurpassable. Peter connaît un panel d’actions variées qui lui permettent de se comporter comme une araignée (je pense à la scène de fight contre Lizardman dans le lycée, où il transforme l’animal en cocon) tout en étant extrêmement humain; de même, fidèle au personnage du comic, il nargue continuellement sa cible, contrairement au Spidey de Raimi qui à bien des égards semblait perdu et timide. Ce n’est pas le cas ici. Si Andrew Garfield me faisait peur au départ, il m’a bien rassurée tant il incarne bien Spider-Man: autant Tobey Maguire m’est antipathique (ce regard niais!), autant celui-ci attire la sympathie.

Quant au méchant, Lizardman, rien de nouveau hélas: un scientifique manchot qui veut retrouver son bras se sert de la formule mathématique de Peter et, sous la pression de Norman Osborn, se voit obligé de se servir de lui-même comme cobaye. Et paf, ça fait un gros lézard qui veut transformer tout le monde. Rien de neuf, donc.

Enfin, il est dommage que le film soit entaché par un patriotisme exacerbé et une niaiserie ambiante: la scène des grues appuiera mon propos. Ou celle de papa Stacy qui reconnait notre ami et décide de l’aider (non mais, crédibilité zéro les gars). Dommage en effet que toujours il faille agrémenter les blockbusters de scènes dites « héroïques » pas crédibles une seule seconde (ma plus grosse déception à ce jour restera la fin de Batman: The Dark Knight, la scène du bateau bourré de prisonniers bien-pensants – une honte, un affront envers le comic). Même reproche ici: personne n’aiderait Spider-Man, pas plus que Batman, si on suit les scénarii originels.

Je rêve d’un film de super-héros qui arriverait à se détacher des pauvres clichés sans cesse repris d’un film à l’autre. Raté pour celui-ci. Mais bon, le film a su me divertir, la musique de James Horner est un bonheur pour mes oreilles, et comparativement aux films de Raimi, ce Spider-Man est bien plus humain, plus courageux, plus narquois, plus sombre. Il est en ce sens une adaptation réussie qui propose d’apporter un peu de nouveauté à l’histoire de Spider-Man tout en ne trahissant pas celle-ci.

Mention spéciale beauté pour le plan final:

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s