The Hobbit: an Unexpected Journey (spoilers)

« Far over, the misty mountains cold, … »

Sûrement le blockbuster le plus attendu de cette fin d’année, The Hobbit de Peter Jackson a de quoi, au premier abord, nous effrayer (et ce fut mon cas): pourquoi trois épisodes de trois heures prévus au lieu d’un, pour adapter une œuvre de 400 pages ? Est-ce bien nécessaire ? A dire vrai, je n’ai pas encore lu le livre en question, donc je n’essaierai pas de distinguer minutieusement ce que P.J a ajouté de ce qu’il a respecté, mais, … Je crois que oui, en fin de compte, faire un premier épisode de trois heures en valait la peine. Il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter en ce qui concerne l’adaptation du second épisode, qui se situera dans la droite ligne de ce qui vient d’être réalisé; par contre, le troisième risque d’être problématique … Mais passons, et voyons ce que cet Unexpected Journey vaut vraiment.

L’histoire commence dans un trou de Hobbit …  Le vieux Bilbo Baggins est très occupé à écrire ses mémoires de jeunesse, qui se situent 60 ans plus tôt, au même endroit. Gandalf le Gris vient à sa rencontre et tente de convaincre le précieux Bilbo de se joindre à une « aventure », ce qu’il refuse tout d’abord pour finalement, on s’en doute, en faire partie intégrante. Avec Thorïn, le charismatique Prince nain et ses treize autres compagnons, ils entreprennent de récupérer le trésor d’Erebor, sur lequel le dragon rouge Smaug a jeté son dévolu, tel une pie.

Beaucoup ont reproché la scène d’introduction des nains, soit disant trop longue et inutile. Pourtant, elle permet de les connaître tous plus ou moins et assez rapidement en plus, tout en introduisant le caractère festif, assez jovial, quelque peu bourrin des nains de manière plutôt humoristique. Quelques têtes sont d’emblée plus importantes que d’autres bien évidemment (Kili et Fili, les neveux de Thorïn, Balin, Dwalin pour ne citer qu’eux) et elles le seront tout au long du film. On a également beaucoup critiqué négativement ce qui apparait être un problème de taille: où voyez-vous un problème de taille ? Certes, on peut avoir l’impression que les nains ne sont pas des nains, que leur taille est équivalente à celle d’un humain; or, lorsqu’ils sont en face des Elfes, de Gandalf ou de Bilbo, il me semble pourtant que les proportions sont bien respectées. D’un autre côté, puisque la caméra est focalisée sur eux, il est normal d’avoir cette impression de taille humaine, ce qui ne me semble pas poser problème par rapport aux autres protagonistes.

Très rapidement, la quête démarre et tout s’enchaîne: j’insiste bien là-dessus car cela faisait franchement défaut au Seigneur des Anneaux. On passe de péripétie en péripétie car telle est la règle du conte et cela se voit: l’action est privilégiée et ce n’est pas un mal, au contraire. Impossible de s’ennuyer, sauf peut-être lorsque le groupe passe à Fondcombe, tout dépend de vos affinités avec les Elfes … Plusieurs intrigues s’emmêlent également, puisque apparemment, Peter Jackson a voulu faire correspondre chronologiquement les intrigues des Contes et Légendes inachevés, du Hobbit, ajouter quelques éléments qui se trouvent les appendices, s’attarder sur des détails contenus dans le Silmarillion, … Bref, c’est là un vrai travail d’adaptation auquel nous avons à faire. Cela dit, le réalisateur n’aurait rien inventé (il suffit de se documenter un peu ou d’avoir lu l’intégrale de Tolkien pour le savoir, d’après certains).

Venons-en à la réalisation, parfaite en tous points. J’ai pu lire à peu près partout dans la presse que la 3D était inutile. Je m’insurge: pour la première fois, en trois heures de projection, je n’ai jamais eu de migraine (celle qui donne envie de se taper la tête contre les murs, pas juste un petit bourdonnement non) et le relief me semble pourtant bien utilisé. La 3D reste un gadget tout à fait dispensable et même totalement inutile en soi, mais pour cette fois, les effets fonctionnent correctement sans qu’on ait l’impression d’un « calque » placé sur l’écran (je pense aux personnages qui nous passent devant, au relief dans les grottes sinueuses, à l’impression de profondeur chez les gobelins, …)

Les décors et effets spéciaux sont, comme d’habitude, somptueux. Il n’y a qu’à s’émerveiller devant Erebor et ses (riches) abysses ou devant Fondcombe. Pas bien compliqué me direz-vous, avec tout le travail déjà effectué sur le SdA, mais quand même, mention spéciale pour l’antre des Gobelins et sa fuite spectaculaire, rappelant celle de la Moria. En outre, le film comporte son lot de scènes héroïques et épiques à souhait, que ce soit l’affrontement des Géants de pierre, la fuite chez les Gobelins ou l’affrontement Thorïn/Azog suivi de l’intervention des Aigles. La bande son d’Howard Shore fait son office, légère, épique lorsqu’il le faut, héroïque lorsqu’il s’agit de la chanson de Thorïn (« Misty Mountains »), indéniablement symbolique et indissociable du film.

En ce qui me concerne, j’ai trouvé The Hobbit meilleur que la trilogie du Seigneur des Anneaux. Pourquoi ? Parce que, premièrement, il n’y a pas l’insupportable Frodon. Parce que l’intrigue démarre immédiatement, parce que l’humour est mieux maitrisé. Legolas ne nous gratifie pas de ses remarques dignes d’une huître (ah, si, un nain, Kili je crois, au tout début nous fait savamment remarquer que « s’il y a une clef, alors il y a une porte », intervention utile au possible, hum …) Le rythme fait donc toute la différence avec le SdA, qui était long et poussif. Bien sûr, l’histoire et le genre creusent cette différence puisque à l’origine, Tolkien avait écrit The Hobbit à l’attention de ses propres enfants, d’où l’idée d’un passage à l’âge adulte qui caractérise le conte. Il n’y a donc pas de quoi s’acharner sur l’aspect enfantin de l’histoire: il se doit absolument d’être là, car c’est en quelque sorte la raison d’être de l’œuvre. Là où le SdA se voulait dramatique, il est légitime que le Hobbit soit plus léger et accessible, avec l’avantage non négligeable de bénéficier d’un rythme plus maîtrisé et de personnages moins agaçants. Il n’y a plus qu’à attendre la suite …

Tiré d’une série d’affiches spécialement dessinées

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7 réflexions sur “The Hobbit: an Unexpected Journey (spoilers)

    • Moi pas, surtout pour ce qui est du Retour du Roi, très ennuyeux. Pourtant je n’ai pas détesté la saga, loin de là. Mais il y a des problèmes de rythme évident, ce que je peux comprendre vu le travail colossal d’adaptation qui est fait. Mais par rapport au premier épisode du Hobbit, je trouve que c’est moins bien rythmé.

  1. Chapo dit :

    Pas forcément sûr que Smaug soit défait dans le 2, et le 3 devrait, je suppose, concerner la grande guerre ainsi que le retour de Bilbo dans la comté :o

    • Justement, le retour de Bilbo dans la Comté, je suis pas sûre que cela nous intéresse beaucoup XD. Mais je suis absolument sûre que Smaug sera vaincu dans le deux.

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